C'est au cœur d'une nuit colorée, dans les senteurs d'Orient tantôt suaves ou fortes, que nous convie Thibault de Puyfontaine. Les premières étapes de « Late Colors », son épopée photographique, l'a conduit en Egypte, du Caire à Alexandrie, mais aussi au Mozambique. Il nous en livre aujourd'hui un étonnant constat visuel, entre rêve et réalité.
Photo Infos
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C'est au cœur d'une nuit colorée, dans les senteurs d'Orient tantôt suaves ou fortes, que nous convie Thibault de Puyfontaine. Les premières étapes de « Late Colors », son épopée photographique, l'a conduit en Egypte, du Caire à Alexandrie, mais aussi au Mozambique. Il nous en livre aujourd'hui un étonnant constat visuel, entre rêve et réalité. |
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Thibault de Puyfontaine « Late Colors »
15 décembre 2011 - 29 janvier 2012
Librairie Galerie Le 29
29 rue des
Récollets 75010 Paris
01 40 36
78 96
mardi >
samedi 10h-20h / samedi + dimanche 12h-19h
Au gré de ses périgrinations, de ses
déambulations, Thibault de Puyfontaine, tout d'abord subjugué par les lueurs
qui cheminent les ruelles étroites de ces cités, a décidé de se perdre. La nuit
a été le terrain privilégié de cette maraude onirique. Sans aucun apriori, il
s'est laissé guidé par les lumières artificielles qui nimbent venelles, places,
porches, escaliers cairotes ou alexandrins. Attiré par leur irréalité, elles
l'ont poussé à l'intérieur des immeubles, dans les estaminets, dans les
maisons, à la réception des hôtels. Intrigué par les clairs obscurs provoqués
par les éclairages électriques, Thibault de Puyfontaine s'est arrêté, pour
goûter le temps de cette lumière. Et laisser à cette dernière la faculté
d'envahir l'espace, de le transformer, de le gommer, de le redessiner, pour en
révéler la beauté. Aidé par cette source lumineuse qui semble parfois divine –
et qui sait, peut-être extra-terrestre - il souligne un détail, une trace, un
vestige ; il transcende la simplicité des lieux en révélant des teintes
insoupçonnées. Victime consentante, son parcours est celui d'un papillon de
nuit, attiré par les ampoules et les néons. En confiance, il se laisse mener,
comme aimanté par la lumière. Les images de Thibault de Puyfontaine créent
ensemble une nouvelle cité. Nous n'avons plus de repères pour savoir si nous
sommes au Caire, à Alexandrie, à Gizeh ou à Shubrah, dans un train ou une gare
au Mozambique. Nous sommes au cœur de la somme de toutes ces villes. Une ville
qui n'existe pas. Une ville et un voyage rêvés, au cœur de la nuit.
Et puis une étrange sensation, dans un second temps. Toutes ces rues, tous ces bars, ces petits hôtels, ces squares sont exempts de toute présence humaine ou animale. Thibault de Puyfontaine nous a certes conviés à une ballade nocturne, mais le vide ambiant renforce encore un peu plus le sentiment d'être au milieu d'un rêve. Ou bien au centre d'une fiction théâtrale ou cinématographique. Tous les acteurs ont quitté la scène, le plateau, laissant accessoires et tournages en l'état : une télévision encore en marche dans un café, des fleurs abandonnées sur un comptoir, une chaise laissée sur un trottoir... La fiction déserte les lieux, qui, sous les lumières toujours actives, redeviennent des décors. Une nouvelle réalité s'installe implacablement. L'envers de la frénésie diurne.
Thibault de Puyfontaine : « J'aime
dans la photo le fait de pouvoir changer l'identité des choses, des objets. Le
molleton d'un canapé peut se transformer en rose, un mur partir en fumée, des
fragments de matières devenir un assemblage irrél. Il s'agit de dérégler les
sens pour redécouvrir ce qui est devant nous. »
Pourtant, nulle angoisse ni
inquiétude ne semblent troubler notre périple labyrinthique. Et même si pointe
la question de la fuite des habitants face à une menace, on peut également
imaginer que c'est un événement heureux qui les a conduits à déserter leurs
logements, à stopper leurs occupations, pour se réunir, ensemble, quelque part,
pour une célébration.
Alors on bascule dans le surréalisme,
dans tous les possibles. La poésie envahit l'espace, la couleur est irréelle,
la beauté et l'émotion naissent de la rencontre de la lumière avec ces lieux.
«J'aborde la photographie non
pas comme un instant décisif mais comme un moment calme et privilégié pour la
méditation. J'aime dans l'acte photographique ce dialogue intérieur qui
s'instaure et qui met en éveil une certaine sensibilité. Tout comme
l'inconscient, l'appareil photo fonctionne comme une plaque sensible qui
viendrait enregistrer ce qu'elle voit. C'est ce dialogue entre le rêve et la
réalité, qui est capturé.»
Vers quelles contrées la prochaine
étape de « Late Colors » nous portera-t-elle ? Nous ne le savons pas encore,
mais elles seront à nouveau celles de la lumière et de la couleur.
«Late
Colors relève d'un même regard : celui du désordre, du fourmillement, de
l'accumulation des objets disparates, d'un désordre apparent. Les prises de
vues de Thibault de Puyfontaine reflètent les activités noctambules».
Baudoin
Lebon
Pour la série «Late Colors», aucune
couleur n'a été modifiée, aucune mise en scène n'a été réalisée, aucune
photographie n'a été transformée. Les photographies au format carré sont
réalisées en argentique, celles au format rectangulaire en numérique.
Repères chronologiques
Thibault de Puyfontaine est né à
Clichy, France, en 1980. Il vit et travaille à Paris, mais parcourt
régulièrement le monde. Il s'initie à la photographie en 1998, lui permettant
d'explorer la prise de vue et le tirage en noir et blanc. En 2001, au sein des
Ateliers de Sèvres, il appréhende la peinture, le dessin et la sculpture, puis
au cours des années suivantes, se forme aux techniques du studio. Il exerce son
savoir-faire photographique dans le reportage, le packshot, la publicité. En
2004, il part à New York et signe la série « Walking in Manhattan ». Son voyage
en Egypte en 2007 l'incite à abandonner progressivement ses activités
commerciales pour se concentrer sur son travail personnel. En 2010, il voyage
au Mozambique (où il reste en résidence) et en Colombie, avant le Vietnam et la
Thaïlande en 2011.
Expositions personnelles
2004
« Walking in Manhattan », Atelier du
Verbe, Paris, France
2010
Exposition au Sénat / Casa del
Marquez, Cartagena de Indias, Colombie
Exposition au Centre culture français
de Maputo, Mozambique
2011
Exposition à la Galerie La Chica
Morales », Cartagena de Indias, Colombie
Exposition à la Little Big Galerie,
Paris
Exposition à la Galerie AROA,
Neuilly/Seine
2011
Exposition en extérieur, Festival
Manifesto, Toulouse
Salon Fotover, Paris, avec la Little
Big Galerie
Publication de Late colors
Photographies de Thibault de Puyfontaine Préface d' Hervé Le Goff
30
photographies reproduites 21 x 21 cm / 72 pages Couverture souple
25 €
POUR PROLONGER LE VOYAGE...
Parallèlement à l'exposition
présentée par La Libraire Galerie Le 29, une sélection d'images de Thibault de
Puyfontaine est présentée à l'Hôtel La Belle Juliette, du 15 décembre 2011 au
15 mars 2012. La possibilité de découvrir d'autres images dans l'un des
établissements des Hôtels Paris Rive Gauche. Le projet « Les hôtels Paris Rive
Gauche aiment la photographie » permet de découvrir des photographes en leur
offrant le cadre des hôtels. Les Hôtels Paris Rive Gauche affichent ainsi leur
volonté de défendre la photographie contemporaine. Ils sont également à
l'initiative du Prix PHPA.
Thibault de Puyfontaine à La Belle Juliette
du 15
décembre 2011 au 15 mars 2012
La Belle Juliette
92 rue du Cherche Midi - 75006 Paris
renseignements : 01 42 22 97 40
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